le calme

Je vous fais découvrir cette semaine « Le calme… après d’indociles tourments » de Didier Naud

Le dirigeant d’une grande organisation politique abandonne ses fonctions soudainement et s’exile dans une province éloignée. Pourchassé par des militants trahis qui réclament des explications, il lève le voile sur sa disparition avant de reprendre la fuite. Le désir de tout abandonner est plus fort que tout. Seul, loin du tourbillon de la vie médiatique, il est sur le point de retrouver la paix intérieure. C’était sans compter sur cette rencontre improbable… Est-ce si difficile de retrouver le calme après la tempête de l’existence ? Oui, dit l’auteur, le destin nous rattrape sans cesse, venant troubler la fragile tranquillité de l’âme.

 

 

Au fil des pages…

Malgré la brume de chaleur qui enveloppait le sable et les rochers d’un voile protecteur et laissait croire en leur instabilité, il pouvait percevoir tous les mouvements susceptibles de modifier l’atmosphère de la plage où il avait échoué quelques instants plus tôt. Bien décidé à se recroqueviller pendant quelques heures en un endroit discret et sous une chaleur accablante, il restait allongé au bas d’une dune. La tête légèrement relevée, sous un vieux chapeau de toile, les yeux mi-clos, il demeurait sensible aux infimes perturbations lumineuses. Aussi devina-t-il l’apparition de deux minuscules silhouettes, à sa gauche, au bout de la plage. Tremblantes et incertaines, elles ressemblaient à un mirage. D’ailleurs il aurait aimé que toutes les formes alentour devinssent, au moins pour un moment, évanescentes, aussi brèves que les vagues dont il voyait l’écume disparaître à intervalles réguliers. Mais les silhouettes persistaient dans le flou des lignes et des volumes, pire, elles semblaient grandir et s’orienter dans sa direction. Peu à peu leur présence vint troubler le sentiment d’effacement qu’il était venu chercher sur ce rivage torride. Il avait beau plisser les yeux davantage pour faire évanouir ces silhouettes, pour les recouvrir de la brume qui enveloppait en ce début d’après-midi, toute chose visible, elles ne voulaient pas disparaître. Très vite son espoir de participer à une brève éclipse des éléments s’envola et il fixa son attention sur les deux corps en mouvement
qui, désormais, s’approchaient de lui, de façon décidée. Peu à peu les silhouettes devinrent des corps, détruisant l’impression d’évaporation qu’il était venu chercher sous le soleil brûlant. Lorsque les deux individus ne furent plus qu’à une centaine de mètres de l’endroit qu’il occupait près de la dune, il entreprit de modifier sa position, conscient de l’importance de l’effort qu’il lui fallait accomplir pour parvenir à ses fins. S’asseoir lui semblait, en effet, indispensable et très difficile, s’il voulait clore au plus vite l’entretien que les deux importuns, probablement d’anciennes connaissances, venaient solliciter. Avant tout, il convenait de se redresser et d’adopter une attitude impénétrable pour éviter un dialogue aussi fatiguant qu’inutile. Au prix d’un mouvement douloureux et d’une suffocation dus à un air devenu irrespirable, il parvint à adopter une position assise et à ajuster ses lunettes de soleil ; préservant ses yeux d’un aveuglement quasi-certain face à une lumière trop vive il tenta de montrer une contenance suffisante afin de décourager les deux visiteurs.

La Quatrième de couverture

Le dirigeant d’une grande organisation politique quitte soudainement ses fonctions et part s’exiler au bord de la mer pour profiter d’un anonymat et d’un silence qu’il n’a jamais connus. Il est hélas vite rejoint par de jeunes militants qui veulent des réponses à son départ incompréhensible. Il se lance alors dans un récit où la ferveur d’une jeune femme, les trahisons et les abus de pouvoir jouent un rôle essentiel. La tension monte et l’oblige à fuir à nouveau vers un refuge où les sentiments d’un amour passé le conduiront à faire preuve d’une audace et d’un courage qu’il croyait avoir perdus

Un mot sur l’auteur : Didier Naud qui réside à Paris

Titulaire d’un doctorat en philosophie, d’une maîtrise de lettres et de logiques mathématiques, chercheur au CNRS, intervenant au Collège de France : Didier Naud a eu une carrière impressionnante. Cet érudit de la littérature, de l’art et des sciences a dédié toute sa vie au savoir, à la recherche, à l’apprentissage. Auteur de nombreux ouvrages techniques il signe avec les Éditions Baudelaire son premier roman

 

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